« Hans-Thomas a douze ans et il cherche sa mère. Un jour, en mordant dans une brioche offerte par un vieux boulanger étrange mais sympathique, il découvre un minuscule livre caché dans la mie : à peine l’a-t-il ouvert qu’il pénètre dans un monde fantastique peuplé de personnages loufoques et merveilleux. Oscillant entre le réel et l’imaginaire, Hans trouera-t-il le chemin vers sa mère ? »

J’avais décidé de prendre plus de risques littéraires quand je suis tombée sur ce livre chez mon bouquiniste. Dans les rangées et rangées de livres aux tranches blanches, j’ai extrais plusieurs titres de la collection Points, car je sais quelle abrite plusieurs perles. Et là, parmi des titres plus ou moins engageants, j’avais sous les yeux une 4ème de couverture qui parlait de livre et de brioche. Deux mots magiques accompagnés d’un titre énigmatique et d’une couverture insondable… Il me faudrait apprendre qu’une patience est un jeu de carte, que je connaissais sous le nom de solitaire, pour que les premières pièces du puzzle qu’est ce livre se mettent en place…

Dans Le Mystère de la Patience, nous suivons Hans-Thomas et son père dans leur voyage au travers de l’Europe, alors qu’ils partent à la recherche de sa maman. Mais c’est aussi l’histoire de Frode, Hans, Albert et Ludwig, quatre gardiens du secret d’une île mystérieuse, dont Hans-Thomas découvre les aventures dans un minuscule livre trouvé dans une brioche, à l’aide d’une loupe offerte par un mystérieux nain. Cinq histoires, cinq lignes de vies, qui, on le sent rapidement, sont aussi liées que les quatre familles d’une patience…

Le récit est bien mené, dans un style simple et prenant qui nous entraine dès les premières pages. La forme, une succession de chapitres courts, donne au livre un rythme qui facilite la lecture, à l’image du Candide de Voltaire, un autre conte philosophique. En effet, le récit permet à l’auteur de nous initier à différentes questions philosophiques et ce, de façon plus ou moins ouverte. D’abord avec le père de l’enfant, qui se laisse aller facilement à différentes considérations philosophiques sur la vie, l’amour, la nature… Puis avec le petit livre et son récit, qui dévoile l’importance du jeu de la patience et fait écho aux péripéties européennes d’Hans-Thomas et son père.

Je me suis surprise, à plusieurs reprises au fil du récit, à m’interroger sur le sens de la vie, le rôle et la place de chacun sur Terre, l’importance du passé sur notre existence… Je philosophais au même titre que les personnages du roman, et l’auteur à travers eux. Ainsi, je pense avoir compris le message de ce conte, qui est de ne jamais cesser de s’émerveiller du monde qui nous entoure, de ne jamais s’y habituer au point de devenir un être aveugle et blasé, de ne jamais avoir de certitudes, de ne jamais arrêter de poser des questions. Une seconde lecture, dans quelques années, serait sans doute nécessaire pour mieux apprécier le récit à la lumière d’une nouvelle sagesse liée à l’expérience. En attendant, je retiendrai une phrase qui résume l’essence du livre, comme « Il faut cultiver notre jardin » résumait Candide : « Il y aura toujours un joker pour percer le mystère ».

Adoptera, adoptera pas ?

Une lecture agréable, qui pousse à la réflexion sans forcer la main du lecteur. Je le déconseille néanmoins à ceux qui attendent d’un livre le récit de grandes fresques historiques ou de grandes quêtes fantastiques. Les lecteurs curieux et non hermétiques aux questions existentielles pourront, eux, se laisser prendre dans l’histoire.


6/10


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