« Dans les Iles-Unies d’Amérique, la célèbre académie Armedius forme les meilleurs rithmaticiens, des stratèges capables de créer en un coup de craie des armées de créatures prêtes à l’attaque aussi bien que des lignes de défense infranchissables. Fils d’un fabricant de craie, le jeune Joel est passionné par ce savoir. Quand des élèves disparaissent mystérieusement, il ne peut rester indifférent. »

Avec Les légions de poussière j’ai découvert le prolifique Brandon Sanderson, pourtant connu en France pour son travail sur la série jeunesse Alcatraz (où son jeune héros se bat contre des « infâmes bibliothécaires », rien que ça) et aux États-Unis pour avoir écrit la suite et fin de la saga La roue du temps de Robert Jordan. À seulement 41 ans, l’auteur compte déjà une bonne trentaine de livres à son actif et jongle entre plusieurs séries et univers, tous réputés riches.

À l’image de la rithmaticie, cette discipline qui permet de donner vie à des dessins de craie et dont se servent les rithmaticiens pour défendre les Iles-Unies d’Amérique contre un bien étrange mal fait de poussière blanche. Si elle nous parait hermétique dans les premiers chapitres, la rithmaticie s’ouvre rapidement à nous grâce à notre héros, qui n’a de cesse d’en étudier tous les aspects. Des schémas présents au fil des pages nous apprennent les bases de la technique de défense associée à la rithmaticie, des passages de livres étudiés par Joël nous en dévoilent (partiellement) l’histoire, des duels nous plongent dans sa stratégie d’utilisation… Des astuces qui font qu’on se familiarise avec l’univers et qu’on y adhère à une rapidité impressionnante !

Le fait que Joël, le personnage principal du roman, ne soit pas un rithmaticien mais un jeune garçon passionné qui cherche toujours à en savoir plus aide beaucoup. Ainsi, ce n’est pas l’élu magique annoncé des prophéties qui sauvera l’univers, mais bien un garçon qui se pose les mêmes questions que nous vis-à-vis de l’univers qui l’entoure. Un garçon qui reste particulièrement intelligent et débrouillard, il ne faudrait pas non plus que notre héros n’ait rien pour lui ! Cela dit, il a aussi ses défauts, clairement exposés dans le récit, qui renforcent la crédibilité du personnage. Et ce ne sont pas des « faux » défauts comme « trop attaché à ses amis », « fonce la tête la première » ou « lent à la comprenette ». Non, ce sont des traits de caractères réalistes dont Joël est conscient et sur lesquels il travaille.

Dans ce premier tome, Brandon Sanderson utilise une enquête autour d’étudiants disparus pour nous permettre de découvrir la rithmaticie, mais aussi l’académie Armedius et son personnel, les Iles-Unis d’Amérique et leur géo-politique, et même quelques pistes sur l’histoire mondiale dans son univers (quelque peu modifiée, puisqu’il semble que l’Europe soit occupée par le Japon, et que l’Amérique du Sud soit une puissance unie, entre autres). C’est une technique classique en littérature jeunesse, souvenez-vous d’Harry Potter et la chambre des secrets où le trio enquête pour découvrir ce qui pétrifie les élèves de Poudlard, mais qui reste toujours efficace.

Ici, l’auteur se permet même de semer le doute dans notre esprit. Je n’arrivais pas à me décider sur la (probable) culpabilité d’un personnage en particulier : était-il vraiment suspect ? En avait-il l’air parce qu’il était antipathique ? Ne faisait-il pas trop « coupable idéal » ? Justement, était-ce pour qu’on finisse par le croire innocent alors que c’était bien lui ? Ahhhhh. J.K.Rowling et Rogue ont perturbé mon radar à détection de vilains pour les siècles et les siècles à venir. Et ce n’est pas Brandon Sanderson, trop heureux de nous sentir perdus, qui nous aidera. Il se moque même un peu de nous, en faisant ressentir à l’un de ses personnages exactement les sentiments qui nous tracassent vis-à-vis du potentiel-suspect-mais-je-ne-sais-pas-ahhhhh. Au final, on se laisse totalement surprendre, et c’est bon.

Adoptera, adoptera pas ?

Les légions de poussière est un roman qui ne paie pas de mine (mine, crayon, craie, poussière… tu l’as ? Non ? Ok) mais qui s’est avéré être un très bon roman young adult. Que je n’ai pourtant jamais croisé en rayon jeunesse, et une seule fois en rayon adulte. J’ai bien failli passer à côté, cette couverture n’est pas vraiment sexy il faut le dire, mais je suis faible quand il y a des licornes… Je vous conseille donc de le lire, car il vaut le détour, et d’en parler autour de vous ! Moi, j’attends la suite avec impatience.


9/10


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Une réflexion sur “Les légions de poussière – Brandon Sanderson

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