Un roman sur l’Amérique d’aujourd’hui, entre critique de Trump et pamphlet contre les climatosceptiques.
En cavale malgré elle, Norma, dix-neuf ans, abandonne tout pour se cacher dans une tiny house au fin fond du désert d’Arizona. À sa charge, Liz, sa nièce de huit ans qu’elle doit protéger. Pour survivre, elle trouve un boulot de serveuse dans le diner du coin. Alors que Norma peine à s’acclimater à sa nouvelle vie et aux habitants agressifs de la région, elle découvre un mystérieux
canal radio. Elle se met alors à écouter en boucle un certain OT, jeune animateur qui mêle blues, anti-trumpisme et prêches apocalyptiques sur le dérèglement climatique et la fin du monde…

couv54627478Après l’excellente surprise de Trois de tes secrets, je pensais marcher en terrain connu, et conquis, avec L’horloge de l’apocalypse de Lorris Murail, également chez PKJ. Quelle déception ce fut. La sécheresse du désert d’Arizona a contaminé ma lecture au point de me déclencher une petite catastrophe naturelle : une panne de lecture ! Voilà une semaine que je n’ai pas ouvert un livre.

Dès le troisième chapitre j’ai su que ce livre ne serait pas pour moi. Si je n’avais pas été en lecture commune, je n’aurais jamais poussé jusqu’au mot « fin ». Je n’ai pas accroché avec Norma, qui se laisse faire passivement par la vie comme une bonne vieille serpillière, ni avec Liz, qui a l’air tantôt trop avancée pour son âge et tantôt d’une sociopathe.

Les autres personnages n’ont pas plus d’attrait, qu’il s’agisse du jeune criminel qui fait ami-ami avec Norma, du fameux animateur radio, du flic local ou autre. Dommage puisqu’on passe une grande partie du roman à les découvrir. Quand enfin l’histoire bouge, c’est pour s’enfoncer dans des situations glauques et malsaines et/ou dépeindre l’horrible Amérique polluante.

C’est peut-être le seul aspect qui sauvera le roman, ce côté « dénonciateur ». Il dénonce une partie de l’Amérique qui ne croit pas au réchauffement climatique et qui ne jure que par la consommation. Il évoque les problèmes qui vont croissant et empirant dans le monde, de la fonte des glaces à la destruction des sols en passant par la disparition des grenouilles bleues (pensée pour la mort récente du dernier mâle rhinocéros blanc). Il explique ce qu’est l’horloge de l’apocalypse.

En parallèle, il montre bien comment, plus on en apprend sur l’état de la planète, moins on a envie d’en savoir. On se sent moins coupable de favoriser la politique de l’autruche dans notre quotidien, quand on constate que Norma, qui écoute la radio chaque jour décrire la fin du monde – l’ère trumpenienne, elle est bonne celle là – n’en peut plus et ne rêve que d’écouter une émission coconne à la place.

Mais la fin, la fin ! C’est une fin sous LSD, plus que décevante, qui ne colle même pas au reste du récit. On passe d’un culte du diesel à une espèce de secte de gens qui crient au ciel pour faire tomber la pluie. Normal… J’aurais préféré qu’on laisse toute cette famille dysfonctionnelle sur la route, ça aurait plus été dans le ton du roman.

Adoptera, adoptera pas ?

L’horloge de l’apocalypse m’a fortement déçue. Je ne le conseillerai à personne. Pourtant Lorris Murail est un bon auteur français. Il a écrit, avec sa fratrie, le génialissime Golem, coup de cœur de mon enfance. Préférez-donc découvrir ce dernier.


4/10


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Une réflexion sur “L’horloge de l’apocalypse – Lorris Murail

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