#PLIB2019 : A voté !

Le Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubeurs App c’est fini pour cette année ! Comme de nombreux.ses littéraires du web, je me suis constituée jury pour cette édition. J’ai donc dû lire les 5 finalistes et voter pour mon favoris : qu’ais-je pensé de ces 5 titres ? Lequel a remporté mon vote et pourquoi ? Les réponses, après une courte page publicitaire (ceci est une blague).

Les 5 romans finalistes

J’ai eu du mal avec cette sélection, et j’ai mis longtemps à lire tous les romans, parce qu’aucun d’entre eux ne me donnais vraiment envie. Les deux romans du Chat Noir me rebutaient même, je n’ai aucune appétence pour les récits vendus comme « poétiques » ou « oniriques ».

Le bon côté de l’expérience est donc que j’ai lu des romans que je n’aurais probablement jamais lu sans le PLIB. Le mauvais côté, c’est que je n’ai globalement pas apprécié mes lectures et que je n’ai eu aucun coup de cœur.

Comment le dire à la nuit – Vincent Tassy – Éditions du Chat Noir

Typiquement le genre de roman « poétique », avec « une vraie plume » et « envoûtant » dont je me méfie. Surtout si, comme ici, le résumé est aussi vague sur le récit. J’ai donc été surprise de me sentir curieuse à la lecture des premiers chapitres, et d’apprécier complètement les passages au 19e siècle où deux hommes partagent un amour interdit.

Et puis le roman, jusqu’ici choral, a donné du lien à toutes ces époques, tous ces personnages. Entrent les vampires, les revanches séculaires, les plans machiavéliques, la folie. Dans un échange équivalent, tout mon intérêt – inespéré – s’est envolé.

J’ai trouvé la seconde partie encore plus confuse, bordélique, tout son charme évaporé. Des passages entiers et des dialogues me semblaient ridicules. La tragique vérité sur l’identité d’Athalie arrive trop tard pour si peu d’effet sur la trame narrative. Quant au dénouement… Il m’a fait lever les yeux au ciel.

J’ai donc globalement apprécié la fameuse plume de Vincent Tassy, à plusieurs reprises j’ai trouvé ses mots, ses images, son ton juste.s. Mais l’histoire, elle, m’a laissée sur le bord de la route.

La fille qui tressait les nuages – Céline Chevet – Éditions du Chat Noir

Second roman « poétique » de la sélection, La fille qui tressait les nuages est présenté comme une fable onirique, un conte fantastique dans Japon contemporain où la notion de réalité est parfois relative. Dernier de la sélection à passer entre mes mains, je dois avouer que j’ai abandonné, lassée de me forcer à lire un 5eme roman.

Le quotidien dans lequel on entre me paraissait banal – excepté les mots qui changent de place au tableau et les pièces de monnaie qui volent, détails fantastiques aux allures décoratives. Julian va à l’école en vélo. Julian suit un cours de physique. Julian se remémore qu’il n’arrive pas à se remémorer d’une fille « qui s’efface » sans arrêt. Julian est en adoration devant Souichiro. Julian joue au baseball avec Souichiro après l’école…

Je crois que c’était trop long à se mettre en place et que les quelques éléments intéressants semblaient trop ne pas être utiles au récit pour me pousser à lire plus. La relation des personnages, qui parlent tous à Julian mais presque jamais entre eux, était bizarre. Je me disais « si ça se trouve l’un d’eux est un fantôme ». Et cette histoire de nattage de nuages… Jolie idée, mais je n’ai pas dû aller assez loin pour voir l’importance de la chose dans l’histoire.

J’ai fini par lire la fin, quelques pages, passages. Pas convaincue, fatiguée, j’ai préféré en rester là.

Le dieu oiseau – Aurélie Wellenstein – Scrinéo

Attirée par la couverture et le pitch, je l’ai lu d’une traite, oscillant constamment entre l’envie de me laisser entraîner par le récit et la réalisation que paradoxalement, je n’accrochais pas. Je n’ai pas été gênée par la violence contrairement à beaucoup, mais plutôt par son utilisation qui cache les défauts du récit : des personnages creux et une mythologie sous-exploitée.

Excepté Faolan, jeune homme torturé à la psyché changeante, aucun personnage n’a de développement de personnalité. Tous ont les mêmes motivations. Tous tournent en boucle sur le banquet d’il y a 10 ans, et parlent vengeance, vengeance et, oh surprise, vengeance. Les péripéties s’enchaînent donc à base de sang, tripes et autres tueries, où seule la forme change. Un élément intéressant apparaît ? PAF. La mort aussi, et on passe à la suite. La fin, précipitée, nous laisse dans le flou : qu’est-ce qui est réel ? Psychologique ? Divin ?

L’autrice a su installer une ambiance pesante et malsaine qui nous pousse à tourner les pages, voir jusqu’où le récit ira. Mais cette ambiance, point fort du roman, n’a pas suffit à me faire oublier le désintérêt global que j’avais pour les personnages et leur destin.

Rouille – Floriane Soulas – Scrinéo

Rouille est un roman intéressant. Une enquête dans les bas-fonds d’un Paris steampunk. Il n’y a d’ailleurs que ce contexte steampunk, avec l’exploitation minière de la lune, qui donne au livre sa place dans la littérature de l’imaginaire. Et c’est l’aspect du roman que beaucoup, moi comprise, ont trouvé sous-exploité : pas de voyage sur la lune, seulement des balades dans les quartiers pauvres, les quartiers du crime. Un roman noir pour ados en somme.

Les ingrédients sont là : une anti-héroïne amnésique, des rivales, des amis-ennemis, des méchants, un monstre inhumain, des cadavres, un bordel, de la drogue, des orphelins, des gadgets mécaniques… Mais il a manqué un peu de cuisson. Il y a deux révélations, notamment, qui sont aussi grosses que le nez au milieu de la figure de l’Agent 212. Et une romance qui finalement ne sert qu’à frustrer le lecteur.

Pourtant je me suis prise au jeu, je voulais savoir comment l’autrice allait amener le tout et clore son histoire. Je n’ai pas été pleinement convaincue, mais c’est un premier roman, et l’autrice a eu l’audace d’oser quelque chose de différent. Ce qu’elle fait par la suite méritera un petit coup d’œil, et plus si affinité.

Terre de Brume – Cindy Van Wilder – Rageot

À l’opposé de Rouille, Terre de Brume est clairement de la littérature de l’imaginaire, mais une fantasy particulièrement convenue. Nous avons une carte du territoire, des castes, des pouvoirs, un mal qui ronge, un grand vilain… Tous les ingrédients classiques pour une recettes qui fonctionne, sans risques, et donc sans surprises.

C’est le roman que j’ai lu le plus facilement, il a une trame à laquelle je suis habituée et c’est celui que je qualifierai de plus abouti, de moins brouillon. Il y a du sens, une linéarité, pas de flou dans le qui est qui ou dans le qui fait quoi. Le mystère de la brume, cette pollution qui résulte de la magie, est juste assez prenant pour porter le récit.

Classique, efficace, mais sans grande saveur. Puisqu’il s’agit d’un diptyque et non d’une saga, je me laisserai sûrement tenter par une lecture rapide du deuxième et dernier tome.

J’ai voté pour…

Roulement de tambour. Nous avions donc le choix entre :

  • Comment le dire à la nuit : pas aimé malgré un début accrocheur. Non.
  • La fille qui tressait les nuages : abandonné. Non.
  • Le dieu oiseau : une bonne ambiance mais un désintérêt pour les personnages. Non.
  • Rouille : une bonne idée, exécution moyenne. En lice.
  • Terre de Brume : une bonne exécution, idée remâchée. En lice.

Il me reste donc à choisir entre Rouille et Terre de Brume. C’est comme devoir choisir entre l’outsider, celui qui a tenté mais est à la limite de la consigne, et le pilier, celui qui est en plein dans la consigne mais qui ne renouvelle pas.

Je me sens comme un chef étoilé sur M6 devant deux plats à départager… Et j’ai choisi d’être rigoureuse, et donc de récompenser Terre de Brume, que j’ai lu avec le plus de plaisir et qui correspond plus aux univers de l’imaginaire que Rouille.

Un vote pour Terre de Brume, un !